Jessica Schneider et Jean Baptiste Salvaing étaient un couple de policiers qui vivaient avec leur petit garçon de 3 ans 1⁄2 dans une maison, qu’ils avaient choisi avec soin, et dans laquelle ils vivaient heureux, des projets plein la tête. Tout a basculé lorsque Daesh a pris leur vie, chez eux, dans une immense violence.

Jessica et Jean Baptiste m’étaient très proches. Ils étaient d’une grande joie de vivre, passionnés et investis, ils ne faisaient jamais rien à moitié. Une grande générosité, un grand souci d’apporter un bien fait à notre société et à chacun de nous individuellement, les animait au quotidien.

Pour Jean Baptiste, son travail avait un réel sens, était une vraie vocation. C’était un commandant qui excellait dans sa profession et son investissement était reconnu par ses collègues et sa hiérarchie. Il était d’un caractère droit, posé et toujours fidèle à ses valeurs d’humanité.

Jessica était ma plus grande amie depuis que nous avions chacune 15 ans. Nous avons chacune été témoins des changements de nos vies respectives au fil des ans, de l’évolution qui s’opérait dans nos vies personnelles, estudiantines puis professionnelles. Nous partagions de vrais moments d’amitié dans les joies comme dans les peines et les difficultés de vie. Malgré de profondes blessures rencontrées au cours de sa vie, elle avait cette capacité de faire preuve d’empathie, d’essayer de comprendre les propres blessures des personnes qui lui ont fait du mal et de leur donner une chance de bâtir une nouvelle relation ensemble. Elle s’investissait partout où elle pouvait donner de son temps, de sa personne, de sa créativité et de sa sensibilité (association, école, pour sa ville). Elle était d’une bonne humeur communicative, un rire très expressif, très conviviale elle était un rayon de soleil pour beaucoup.

Outre cette amitié profonde et sincère durant toutes ses années, Jessica a également largement contribué à cette ouverture de conscience qui s’opère en moi depuis quelques années.

Je sais au plus profond de moi qu’ils sont près de nous, autour de nous, présents dans nos cœurs mais aussi dans nos vies au quotidien. Peut-être même nous entendent-ils.

Jess, Jean Baptiste, nous garderons en mémoire votre joie de vivre, votre sincérité d’âme et cet amour que vous vouliez donner aux autres. Notre vœu le plus cher est que votre âme soit en paix, que nos prières et notre amour vous portent chaque fois encore plus vers Dieu et sa lumière réconfortante. Vos enfants sont eux même entourés d’amour et de soutien, en plus du votre, j’en suis sûr.

La séparation est une souffrance, mais la joie de savoir qu’un jour on se retrouvera m’apaise. Je remercie Dieu de vous avoir mis sur mon chemin.

Anne.